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Représentation de David

Jeudi 25 août 2005
- 16 heures à Avallon (Collégiale Saint-Lazare)


La Fenice
Direction : Jean Tubéry

Schütz, Buxtehude, Bruhns...
Psaumes de David (Psalmen Davids)


programme
musiciens
note au programme
biographie de La Fenice

Programme

La musique du Psautier en Allemagne à la naissance du baroque. Œuvres de Heinrich Schütz, Christoph Bernhard, Matthias Weckmann, Dietrich Buxtehude, Nicolaus Bruhns.

« Psalmen Davids »
Psaumes de David et italienische Maniere dans l’Allemagne du XVIIè siècle

Johann Sommer 
« O höchster Gott », der 8. Psalm (Musikalische Sommerzeit, Bremen 1623)

Heinrich Schütz
« In te Domine speravi », der 30. Psalm (Symphoniae sacrae, Venetia 1629)
« Lobet den Herrn in seinem Heiligtum », der 150. Psalm (Symphoniarum sacrarum secunda pars, Dresden 1647)

Jan Pieterszoon Sweelinck
« Da pacem Domine », (kolorierte Psalm, Manuscrit, début XVIIè)

Johann Hermann Schein
« Herr, wenn ich nur Dich habe » (Opella nova geistlicher Concerten, Leipzig 1626)

Christoph Bernhard 
« Aus der Tiefe ruf’ ich zu Dir », Psalm 129 (Geistlicher Harmonien, Dresden 1665)

Jan Jacob van Eyck 
« Laet nu God gepresen zijn », de psalm 150 gefigureert (Der fluyten lusthof, Amsterdam 1648)

Dietrich Buxtehude
« Quemadmodum desiderat cervus », Psalm 41 « sopra chiaccona » (Manuscrit, Lübeck fin XVIIè)

Nicolaus Bruhns
« Jauchzet dem Herrn, alle Welt », Psalm 100 (Manuscrit, Berlin fin XVIIè)

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Les musiciens

Hans-Jörg Mammel, ténor
Ensemble La Fenice,
Jean Tubéry, cornet à bouquin (cornetto) et direction
Virginie Descharmes, violon baroque (violino)
Felix Knecht, violoncelle baroque (violoncino)
Angélique Mauillon, harpe baroque à 3 rangs (arpa doppia)
Jean-Marc Aymes, orgue et clavecin (organo e cembalo)

biographie de La Fenice

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Note au programme

Le « Livre des Louanges » du roi David fut au cours de l’histoire de la musique occidentale, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, un des derniers recueils de l’Ancien Testament à être mis en musique polyphonique. La tradition chrétienne en avait glorifié l’expression individuelle d’un roi, perpétrée depuis Saint Grégoire dans la musique du plain chant monacal. Les 150 psaumes de louange seraient chantés une fois par semaine, répartis dans tous les offices liturgiques de la journée.

Ce n’est qu’au tournant du XVe siècle que Josquin Després mit en musique deux des sept psaumes de pénitence, « Miserere mei » et « De Profundis Clamavi ». Cette innovation connut une approbation de ses contemporains, confortée d’une part par la découverte de l’imprimerie musicale (Venise, 1501), d’autre part par un théologien admirateur notoire de la musique de Josquin, et premier traducteur de la Bible en allemand : Martin Luther.

À travers Luther, le mouvement de la Réforme allait concilier deux pratiques musicales fondamentales : la monodie, héritée du chant grégorien et intégrée dans le « choral » allemand (ou en langue vernaculaire), ainsi que la polyphonie à 4 voix caractéristique de la renaissance, dans une répartition des voix (soprano, alto, ténor, basse) que J.S. Bach conservera encore dans ses « cantates ».

C’est dans ce contexte de relative nouveauté que la musique allemande du siècle suivant va entretenir et développer son engouement pour les « Psalmen Davids ». Entre-temps, l’événement cristallisé autour de l’année 1600 a vu naître une musique nouvelle, un « stilo nuovo » venu d’Italie ; il fait la part belle à la monodie, mais également aux instruments qui l’accompagnent, transformant la polyphonie vocale en une toile harmonique instrumentale. Une aubaine pour les compositeurs de cette musique que l’on appellera baroque… : les instruments si fréquemment mentionnés au cours des 150 psaumes, qu’ils soient à vent ou à cordes (organo, cymbalo, psalterio, tuba, cornu, timpanis, etc…) se retrouvent, dans leur transposition chronoligue (orgue, clavecin, luths, cornets, violons, etc…) réunis afin de louer le Seigneur sur les psaumes de David ; les textes y sont alors déclamés par la voix de discantus, voire de « ténor », celle-là même qui chantait la « teneur » dans la musique polyphonique, également nommé « vox naturalis », voix naturelle de l’homme, symbole de la voix du roi David s’accompagnant lui-même de sa harpe.

Par le biais de la personnalité de Heinrich Schütz va s’opérer la fusion entre le « stylus luxurians » venu d’Italie, et la tradition du choral germanique. Élève de Giovanni Gabrieli à Venise (où il retournera plus tard afin d’y éditer ses sinfoniae sacrae, et y rencontrera Claudio Monteverdi), il deviendra très vite le maître convoité par de talentueux disciples ; parmi ceux-ci, et non des moindres, Christoph Bernhard et Matthias Weckmann, dont les œuvres furent copiées par la suite de la main de J.S. Bach. Le trait d’union avec le fameux cantor se verra concrétisé à travers deux compositeurs organistes qui témoignent de la richesse et l’aboutissement de l’écriture du « stilo concertato » en Allemagne : Nicolaus Bruhns et Dietrich Buxtehude, pour lequel le jeune Jean-Sébastien effectuera le fameux voyage (à pied) à Lübeck. Nul doute que ce qu’il y entendit durant plusieurs semaines resta gravé dans sa mémoire, et qu’il s’en souvint encore à Leipzig, au moment d’écrire le choral de sa cantate dominicale. L’œuvre de Martin Luther allait encore connaître de riches heures musicales…

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