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Philippe Schoeller

Mozart |
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Jeudi 24 août 2006 - 21 heures
Vézelay (Basilique Sainte-Marie Madeleine)
Arsys Bourgogne et Stradivaria
Direction : Pierre Cao
Philippe Schoeller (1957)
Spiritus Amadeus, pour chœur a cappella
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Requiem
Favoriser la composition musicale contemporaine est l’un des objectifs clairement affichés des rencontres Musicales de Vézelay et du chœur Arsys Bourgogne. Cette année 2006 n’y déroge pas. Pourtant, demander à un compositeur vivant au XXIe siècle d’écrire une œuvre dans l’esprit de Mozart est une gageure ! C’est pourtant le pari un peu fou pris par Philippe Schoeller. Tomber amoureux de Vézelay, sa Basilique, sa colline n’y a pas été étranger. Mozart n’aura ainsi jamais été plus actuel que ce soir : Mozart contemporain, du XVIIIe au XXIe ! Ainsi est née Spiritus Amadeus, pour choeur a cappella.
Composée à partir de textes en latin, en anglais, en italien, textes tirés de l’Éthique de Bruno de Spinoza, des Sonnets de William Shakespeare, et des extraits en italien des différentes œuvres de Mozart (Cosi, La Flûte, Requiem), la partition, d’une durée d’environ 20 minutes, guide l’écoute selon deux grands axes narratifs et expressifs. La joie et la tragédie. L’émerveillement et la gravitation. L’envol et l’ici.
Le texte oriente autant des tendances que des significations. Autant de sortes de climats, de couleurs et de types d’énergie inhérente à la langue chantée - tournure de joie ou de tragédie - que du sens, celui des mots chantés.
Le texte reste certes fondamental, important dans son sens et son articulation, mais il est aussi toujours conçu comme couleur, type d’énergie, type de matière chantante, rythmant et guidant le fil de la narration musicale.
C’est en ce sens que la très haute énergie débordante trouve, selon ma vision de Mozart, toujours la plus haute et la plus profonde spiritualité, non au sens religieux de ce terme, mais au sens d’une très haute science du coeur humain, ses cimes et ses gouffres, dont toujours Mozart me parle.
La création chez Mozart est toujours telle une véritable science du Sentiment humain, arc-en -ciel tendu entre la joie infinie et la conscience aiguë de notre tragique condition, à chacun et à tous, d’être mortel, de sang et d’esprit.
Le Requiem de W.A. Mozart est non seulement une des œuvres les plus importantes du compositeur mais probablement l’œuvre sacrée la plus jouée avec l’Ave Verum.
On sait par la fameuse lettre à son père datant du 4 avril 1787 quel rapport étroit et sincère le jeune compositeur de trente et un ans entretenait déjà avec la mort : «[…] Je ne me couche jamais le soir sans réfléchir que, le lendemain peut-être (si jeune que je sois), je ne serai plus là […]», et il est fortement probable que dans les toutes dernières semaines de sa vie, Mozart eut l’exact pressentiment qu’il composait le Requiem pour lui-même. Depuis plus de deux siècles, l’interprétation du Requiem en ré mineur a suscité l’emploi des termes les plus forts par tous les types d’auditeurs, sans pour autant épuiser la fraîcheur d’écoute sans cesse renouvelée de cette «musique inouïe». Jamais œuvre n’a sans doute laissé derrière elle un trouble plus profond, qu’ont encore grandi deux siècles de légendes.
A propos des artistes
Stradivaria
Lorsqu’en 1987 Daniel Cuiller, animé du désir de renouer avec la musique des grands compositeurs de l'époque baroque - Purcell, Lulli, Rameau, Bach - fonde l’ensemble Stradivaria, il est loin de se douter du formidable succès qu’il connaîtra et de la réputation de premier plan qu’il défendra au niveau international.
Cette formation dont la composition varie en fonction du répertoire, réunit des membres toujours choisis en raison de leur spécialisation, de leur engagement dans la recherche musicale, et de la grande qualité de l’instrument dont ils jouent. A cette triple exigence de Daniel Cuiller répondent les musiciens qui connaissent le type d’écoute qui est la sienne, sa manière d'aborder la musique, le son qu’il attend d’eux. Ce travail en profondeur de chacun des interprètes fait que l’on parle aujourd'hui du « son Stradivaria », ce son riche, brillant, vivant, emprunt de tendresse et de poésie que l'on reconnaît immédiatement. Un son en quelque sorte retrouvé, au service de la musique baroque, que les interprétations des décennies précédentes avaient alourdi, épaissi, influencées par les critères musicaux du romantisme et du XIXe siècle. Stradivaria, c’est d'abord un répertoire pour cordes, qui s’étend de la sonate depuis les années 1620 aux concertos de l’école vénitienne du XVIIIe siècle.
Avec le baroque comme référence stylistique, son domaine de prédilection, l’ensemble n’hésite cependant pas pour certains projets à étendre son répertoire à la musique classique ou romantique. Ses nombreux enregistrements font référence. L’ensemble Stradivaria parcourt de nombreuses scènes dans le monde et se joint à de grandes productions lyriques. On pouvait dernièrement l’applaudir dans un ballet de cour de Lully, Le Ballet de l’Amour Malade, créé avec la compagnie de danse L’Eventail, ainsi que dans Amour et… ou Bacchus, divertissement en musique imaginé par Daniel Cuiller.
Qu'il dirige ses musiciens en formation des vingt-quatre violons du Roi, réunis en orchestre d'Opéra ou qu'il les retrouve dans l'intimité de la musique de chambre, c’est toujours le même attachement à la qualité du langage musical qui inspire Daniel Cuiller.
Daniel Cuiller
Daniel Cuiller est violoniste avant tout. Telle est sa formation et la place qu’on lui reconnaît très vite dans le milieu musical dès les années 70. De 1981 à 1986 il devient premier violon d’un orchestre réuni avec William Christie sous le nom, devenu célèbre, d’ensemble vocal des Arts Florissants, tout en enseignant le violon moderne. En 1982, il crée l’Ensemble Baroque de France qui le mènera en 1987 à fonder et conduire l’ensemble Stradivaria dont le travail est alors tourné prioritairement vers le répertoire instrumental.
De 1992 à 2002, Daniel Cuiller enseigne le violon baroque au Conservatoire Supérieur de Paris. Ce normand d’origine s’est pourtant établi en Pays de Loire en devenant professeur de musique de chambre au Conservatoire National de Région de Nantes; Stradivaria trouve son port d’attache à Rezé (44) et depuis janvier 2006 à Nantes. Parallèlement, Daniel Cuiller donne de nombreuses master classes, anime des sessions instrumentales, et intervient aux rencontres de l’Escorial près de Madrid.
Violoniste, pédagogue, chef d’orchestre, Daniel Cuiller est invité sur plusieurs continents (Helsinki, Oslo, Rome, Edinburgh, Calcutta, Taïwan, Montréal…) pour diriger des ensembles baroques ou classiques, particulièrement sur les répertoires des XVIIe au XIXe siècles.
Il dirige également de nombreux spectacles chorégraphiques (Rameau avec Philippe Lenaël, Lulli avec M.G. Massé…) des productions théâtrales, ainsi que les créations d’oeuvres de compositeurs contemporains, (J.Y. Bosseur, G. Garcin) avec lesquels il mène une recherche sur l'écriture actuelle pour les instruments anciens. Daniel Cuiller ne conçoit pas sa vie de musicien sans un travail historiologique sur le répertoire qu’il choisit d'interpréter. Recherche d’une qualité exemplaire exigeant humilité et honnêteté au regard de la partition afin de la faire rimer avec authenticité; recherche d’oeuvres de compositeurs parfois moins connus bien que dignes du plus grand intérêt. Du bout de sa baguette ou de son archet Daniel Cuiller apporte sa pierre à l’édifice de notre patrimoine musical, aussi bien en France qu' hors de nos frontières, tel un ambassadeur de la musique française à l’étranger. |
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